Électricien inspectant un tableau électrique dans un bâtiment communal
Publié le 24 février 2026

Votre bâtiment communal consomme trop. Les élus veulent des résultats. Vous savez qu’il faut agir, mais par où commencer ? Le réflexe classique consiste à lancer un audit énergétique. C’est une erreur. Sur les chantiers que j’accompagne en Essonne depuis des années, je vois des projets prendre deux mois de retard parce qu’on a négligé une étape préalable : vérifier que l’installation électrique peut encaisser les solutions écoresponsables prévues. Le décret tertiaire impose une réduction de 40 % des consommations d’ici 2030 pour les bâtiments de plus de 1 000 m². La pression monte. Autant partir sur de bonnes bases.

L’essentiel en 30 secondes : préparer votre bâtiment communal

  • Faire vérifier le tableau électrique AVANT l’audit énergétique
  • Contrôler mise à la terre, courant faible et ventilation
  • Prévoir 3 à 6 mois de préparation avant lancement projet
  • Anticiper le passage en conseil municipal pour le budget

Pourquoi le diagnostic électrique passe AVANT l’audit énergétique

Je ne vais pas vous mentir : cette recommandation va à l’encontre de ce que vous lisez partout. Les guides officiels parlent d’audit énergétique, de DPE, de bilan thermique. Personne ne vous dit de commencer par le tableau électrique. Pourtant, c’est la base.

Un bâtiment communal construit dans les années 1980, c’est souvent un tableau électrique sous-dimensionné. Des disjoncteurs qui datent. Une mise à la terre approximative. Quand l’auditeur énergétique débarque et préconise le passage aux LED, l’installation d’une GTB ou des bornes de recharge, il ne vérifie pas si votre installation peut suivre. Ce n’est pas son métier.

Installation électrique typique d’un bâtiment municipal des années 1980



L’erreur qui coûte 2 mois de retard

Lancer un audit énergétique sans avoir fait vérifier l’état du tableau électrique expose à des reports de plusieurs semaines et des surcoûts non budgétés. Sur les chantiers communaux que j’accompagne en Essonne, c’est l’erreur la plus fréquente.

Résultat : vous recevez un beau rapport avec des préconisations. Vous passez en conseil municipal. Le budget est voté. Et là, l’électricien vous annonce qu’il faut d’abord refaire le tableau, vérifier la continuité de terre, reprendre le câblage. Retour à la case départ. Selon les données de Promotelec, entre 20 et 35 % des incendies d’habitation ont une origine électrique. Les bâtiments publics ne sont pas épargnés. La conformité à la norme NF C 15-100 n’est pas négociable.

Mon conseil : faites intervenir un électricien qualifié avant l’audit. Pas après.

Les 4 points à vérifier sur votre installation avant de lancer le projet

Vous voulez éviter les mauvaises surprises ? Voici ce que je contrôle systématiquement quand une collectivité me contacte pour un projet de rénovation énergétique. Ces quatre points constituent le socle. Sans eux, vous bâtissez sur du sable.

Échange entre professionnel et responsable des services techniques



Les 4 vérifications avant de lancer votre projet



  • État et capacité du tableau électrique général (puissance disponible, vétusté des disjoncteurs)


  • Continuité et valeur de la mise à la terre (mesure ohmique par professionnel)


  • Inventaire courant faible (alarmes incendie, intrusion, réseaux, interphonie)


  • Dimensionnement et état de la ventilation (VMC, gaines, raccordements électriques)

La mise à la terre fait partie des six points du diagnostic électrique obligatoire selon Promotelec. Dans ma pratique, c’est souvent le point négligé. Un bâtiment des années 1970, ça peut avoir une terre qui ne respecte plus les valeurs acceptables. Ça bloque tout.

Pour le courant faible, je vois régulièrement des systèmes d’alarme incendie qui n’ont jamais été mis à jour. Quand vous passez aux LED avec détecteurs de présence, il faut que tout communique. Si le câblage courant faible est obsolète, vous repartez de zéro. Faire appel à un spécialiste pour l’installation d’électricité générale par un électricien qualifié permet d’identifier ces points avant qu’ils ne deviennent des obstacles.

Cas concret : école primaire en Essonne

J’ai accompagné le responsable technique d’une mairie de 3 500 habitants l’an dernier. Le bâtiment scolaire datait de 1985, projet de passage aux LED. Pendant le diagnostic électrique, on a découvert une ventilation sous-dimensionnée. Le cahier des charges a dû être repris. La consultation relancée. Trois mois de perdus. En coordonnant courant fort et ventilation dès le départ, on aurait évité un second chantier.

Comment j’ai vu une mairie économiser 3 mois de délai (et ce que vous pouvez en retenir)

La théorie, c’est bien. La vraie vie, c’est mieux. Je pense à un dossier traité récemment avec une commune de l’Essonne. Bâtiment administratif de 1 200 m², soumis au décret tertiaire. La responsable technique avait déjà eu des déboires sur un autre projet. Elle a décidé de faire les choses dans l’ordre.

Première étape : visite technique avec relevé complet de l’existant. J’ai passé une demi-journée sur place. Tableau électrique, mise à la terre, inventaire du courant faible, état de la VMC. Tout a été consigné. Les points bloquants identifiés avant même de parler d’audit énergétique.


  • Visite technique et relevé de l’existant

  • Diagnostic électrique complet (tableau, terre, courant faible)

  • Remise du rapport et identification des points bloquants

  • Validation budgétaire en conseil municipal

  • Lancement de l’audit énergétique sur base saine
Bâtiment municipal caractéristique nécessitant une mise aux normes



Selon les données 2025 de l’ADEME, les bâtiments tertiaires représentent 1,2 milliard de m² en France et une consommation de 249 TWh. La bonne nouvelle : une baisse de 22 % a été constatée entre la décennie 2010 et 2022. Ça prouve que les efforts paient. Mais seulement quand on part d’une base technique solide.

Conseil terrain : Anticipez le calendrier du conseil municipal. Si votre projet nécessite un vote budgétaire, intégrez ce délai dès le départ. Comptez 45 à 60 jours minimum entre la remise du rapport technique et la validation politique.

Vos questions sur la préparation d’un bâtiment communal

Après des années d’intervention en collectivités, je connais les questions qui reviennent. Voici les réponses directes, sans jargon inutile. Pour améliorer l’efficacité énergétique de l’entreprise ou d’un bâtiment public, la méthode reste la même : diagnostic d’abord, travaux ensuite.

Questions fréquentes des responsables techniques

Faut-il un électricien ou un bureau d’études pour commencer ?

Un électricien qualifié suffit pour le diagnostic préalable. Le bureau d’études intervient pour l’audit énergétique global, une fois que vous savez que l’installation électrique peut suivre.

Combien coûte un diagnostic électrique préalable ?

Comptez une demi-journée à une journée de main-d’œuvre selon la taille du bâtiment. C’est négligeable comparé au surcoût d’un projet qui dérape.

Le décret tertiaire concerne-t-il ma commune ?

Si vous avez un ou plusieurs bâtiments totalisant plus de 1 000 m² de surface tertiaire, oui. L’objectif est de réduire les consommations de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050.

Peut-on faire le diagnostic pendant l’utilisation du bâtiment ?

Oui, dans la plupart des cas. Il faut simplement coordonner avec les usagers pour accéder aux locaux techniques. Une école en période scolaire, ça se gère.

Par quoi commencer si j’ai plusieurs bâtiments à traiter ?

Priorisez les bâtiments les plus énergivores ou ceux qui posent des problèmes de confort. Un diagnostic rapide de l’ensemble permet d’établir un ordre de passage cohérent.

La prochaine étape pour votre bâtiment

Vous avez maintenant une vision claire de ce qu’il faut vérifier avant de vous lancer. La question n’est plus « faut-il agir ? » mais « par quoi commencer ? ». Mon avis : faites réaliser un diagnostic électrique de votre bâtiment prioritaire dans les deux prochains mois. Vous aurez une base solide pour présenter un dossier crédible au prochain conseil municipal.

Précisions sur les normes et responsabilités

Ce guide ne remplace pas un diagnostic électrique réalisé par un professionnel certifié. Les normes et obligations peuvent varier selon la catégorie ERP de votre bâtiment. Chaque installation existante nécessite une analyse spécifique avant travaux. Pour toute intervention, consultez un électricien qualifié ou un bureau de contrôle agréé.

Rédigé par Bertrand Laforge, électricien spécialisé en courant fort et courant faible, exerçant en entreprise indépendante depuis 2010 dans l'Essonne. Il intervient régulièrement sur les bâtiments communaux et les établissements recevant du public pour des diagnostics, mises en conformité et installations complètes. Son expertise couvre également la ventilation et l'automatisme, ce qui lui permet d'accompagner les collectivités sur des projets de transition énergétique nécessitant une vision globale des installations techniques.